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05.06.09 19:08 Il y a: 8 yrs

QUALE SIMU ? QUALI SEMI ? QUALE SIAMO ? QUIEN ESTAMOS ? NOR GIRA ? QUI SOMMES-NOUS ?

Categorie: Docs STC Docs STC

Auteur : JLM

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Proclamé le 1er mai 1984, le STC est né de la volonté de la direction politique du mouvement nationaliste d’occuper tous les  terrains de lutte, politique, culturel, économique, social. La finalité est d’y construire des organisations adaptées, les « contre-pouvoirs », destinées à permettre au peuple corse de disposer de lui-même, de (re) conquérir sa souveraineté pleine et entière, d’exercer son droit à l’autodétermination.


LA STRATEGIE DES CONTRE-POUVOIRS

    Dans cette stratégie, le droit à l’autodétermination n’est pas la revendication d’un simple scrutin au cours duquel le peuple corse pourrait choisir ou non de   « rester français », en optant ou non pour l’indépendance. En effet, de multiples liens de dépendance font de ce peuple un peuple dominé, un peuple colonisé, donc un peuple aliéné, incapable à ce stade de choisir librement. Le droit à l’autodétermination est un droit qui se conquiert plus qu’il ne se proclame, un droit qui se construit tout au long d’un processus par lequel, et dans lequel, les nationalistes se donnent pour tâche d’aider le peuple à construire les outils qui lui permettront de déterminer librement sa destinée, en particulier institutionnelle, et non de choisir à sa place l'autonomie, l'indépendance ou autre.

    Le STC s’est développé comme une organisation de masse, jusqu’à devenir le premier syndicat de Corse. Pourquoi ? Parce que le STC se construit comme un vrai syndicat, comme une organisation au service des salariés et du peuple corse.


UNE DEMARCHE POUR AFFIRMER DES DROITS INDIVIDUELS...

    La société corse est marquée par le clanisme : le travail y est présenté comme un service rendu en contrepartie du vote de toute la famille. La relation de travail devient ainsi une relation de dépendance dans laquelle le pourvoyeur de « place » ou de « pension », l’élu, l’employeur, apparaît comme le détenteur naturel et dynastique du pouvoir.  Pour le syndicat, la voie est toute tracée : transformer cette relation de dépendance en une relation régie par un contrat incluant des droits et des devoirs mutuels. Dès le début, le STC a brandi le Code du travail comme un « Petit livre rouge » dont la portée devient proprement révolutionnaire. Création de sections, désignation de « délégués syndicaux », élections de « délégués du personnel », de « représentants du personnel » aux comités d’entreprises : le STC s’implante dans toutes les microrégions, y compris dans celles où n’existe aucune tradition syndicale.

    Engagé dans le combat quotidien pour défendre concrètement les intérêts matériels et moraux des salariés, le syndicat aide le travailleur à prendre toute sa place dans la société en affirmant ce qu’il est : une personne qui gagne sa vie par son travail, qui ne doit rien à personne, qui a des droits à faire valoir et à faire respecter. À l’humiliation de l’obligé, qui doit sa situation à quelqu’un et n’a donc que le droit de se taire, le syndicat permet de substituer la dignité du travailleur qui vend sa force de travail et donc la négocie au mieux du rapport de force que, collectivement, avec sa catégorie sociale, il est capable d’imposer.

    C’est pourquoi le syndicat s’adresse au salarié en tant que tel, à tout salarié « quelles que soient ses opinions politiques, philosophiques, religieuses ou son origine ethnique » (article II.1 des statuts). Ce n’est pas une démarche idéologique mais concrète, dans laquelle le syndicat ne doit pas substituer ses propres liens de dépendance clanique à ceux qu’il est censé défaire. C’est là une dimension importante et à ne pas sous-estimer de la démarche d’autodétermination.


... ET DES DROITS COLLECTIFS !
 
    Une autre dimension se situe au niveau du groupe social que constituent les salariés. Liés par des intérêts concrets communs, au-delà de toute idéologie, de toute position politique étroitement partisane, ils représentent une force fondamentale car le travail est l’un des fondements de la vie en société. En revendiquant le travail comme un droit, en luttant pour l’amélioration de leur salaire et de  leurs conditions de travail, les travailleurs signifient leur volonté de participer au développement de l’économie de leur pays et d’en recueillir les fruits. En affirmant leurs droits, en prenant conscience de leurs (vrais) devoirs, les salariés construisent leur responsabilité sociale. Ils ne subissent plus passivement la situation mais aspirent à la modifier, ils veulent devenir les acteurs de ce changement. En les aidant à prendre conscience de la place qu’ils occupent réellement, le syndicat affirme leur vocation à jouer un rôle moteur au compte de la société tout entière.  

    
UNE ORGANISATION « SOCIOPOLITIQUE » INDÉPENDANTE

    Là est l’essence même de l’action syndicale du STC, qui se veut le fer de lance de la lutte de libération sociale et et de la libération nationale du peuple corse. L’une n’allant pas sans l’autre, elles sont « liées et complémentaires », comme l’affirme le syndicat au fil de ses congrès.  

    Prenant acte de la « normalisation » intervenue entre les différents groupes politiques nationalistes, le syndicat a proclamé lors de son huitième congrès sa nature d’organisation « sociopolitique », c’est-à-dire qui fait de la « politique » sur le terrain social, à sa façon de syndicat, en continuant à affirmer son indépendance par rapport à tout parti politique. C’est la seconde condition pour se construire comme un vrai syndicat. Cette position d’indépendance affirmée par le syndicat dès son troisième congrès, lui a permis d’échapper à toutes les vicissitudes traversées par les groupes politiques dans les années 1990. Elle lui a permis de jouer le rôle d’amarre, de référence, de point de repère stable.

    Aujourd’hui, chacun reconnaît le rôle irremplaçable joué par le syndicat : il apparaît comme le plus grand dénominateur commun du mouvement nationaliste dans son ensemble. Cela veut dire que, par son action syndicale, le STC laboure le terrain social, il aide les questions fondamentales à émerger et à se poser clairement. À chaque groupe ou parti politique ensuite d’avancer ses analyses et ses propositions. Cette division du travail permet à chacun, sans exclusive, de jouer son rôle, d’occuper sa place, rien que sa place mais toute sa place.
    
    Toujours mieux faire passer cette orientation dans les faits, telle est la tâche que les militants et les structures du syndicat se fixent, individuellement et collectivement.


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